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Les 3 collègues dans votre cerveau

Ou comment nous prenons nos décisions


Cela vous est-il déjà arrivé d'être à deux doigts de poser sur le tapis de la caisse l'un de ces petits paquets de bonbons en exposition juste devant vous ? Avant de vous reprendre et de vous dire : « Mais attends, c'est minuscule pour ce prix-là ! » et de le reposer.

Et bien, cette fraction de seconde où l'élan impulsif s'arrête pour laisser place à une évaluation plus rationnelle de l'achat illustre parfaitement l'orchestration de nos systèmes cérébraux. Car notre cerveau ne fonctionne pas avec un seul « mode » de pensée, mais plutôt à travers trois principaux systèmes distincts qui interagissent constamment.


Cette approche s'inspire largement des travaux de Daniel Kahneman (Prix Nobel d'économie, 2002) sur les systèmes 1 et 2, enrichis par les recherches en neurosciences sur les fonctions exécutives et l'inhibition cognitive (Houdé, 2020). Les études d'imagerie cérébrale montrent effectivement des circuits neuronaux différents selon le type de traitement cognitif sollicité.


Je vous propose que l'on imagine cela comme un Open Space avec trois collègues qui se disputent les décisions de l'entreprise.
Illustration des trois systèmes de pensée représentés par des silhouettes humaines sortant d’un cerveau : un stagiaire pressé et stressé avec un téléphone et des papiers, un PDG réfléchi en costume, et un homme calme tenant un panneau stop.

Le premier collègue : l'employé express

Le premier collègue est très rapide. Dès que l'on lui donne une information, il la traite et il émet un avis sans se poser de questions. Il travaille beaucoup parce qu'il coûte peu cher à l'entreprise, c'est lui que l'on envoie spontanément sur chaque action. Pour utiliser les termes scientifiques, on peut dire que ce collègue travaille par heuristiques, c'est-à-dire par raccourcis mentaux.

Et malgré ce que l'on peut penser, même dans des situations à fort enjeu, c'est lui que l'on envoie au front, ce qui veut dire que nous sommes finalement plutôt « irrationnels ».


Le second collègue : le PDG réfléchi

Le second collègue, au contraire, est plus lent à démarrer. D'ailleurs, on ne va pas le déranger tout le temps parce que c'est le PDG. Il a un salaire considérable ! Son bureau est situé dans notre cortex préfrontal, à l'avant du cerveau, le must ! Il coûte très cher à l'entreprise. Par contre, attention, quand il s'y met, là on a un traitement de qualité. Il est réfléchi, logique, méthodique. On dit qu'il repose sur des algorithmes cérébraux.


Et comme ce collègue est plus lent que le premier, il se fait souvent court-circuiter.

Parfois, c'est une bonne chose, parce que l'on n'a pas forcément besoin d'établir des calculs très savants et de passer dix secondes pour savoir si oui ou non on doit dire merci à quelqu'un qui nous tient la porte. Mais dans d'autres cas - quand le Collègue 1 ne répond pas correctement à la situation, quand l'automatisme est inadéquat - alors là c'est plus embêtant.


Le troisième collègue : le superviseur

Et dans ce cas précis, on a alors le troisième collègue qui entre en jeu – dans l'idéal en tout cas – et qui, lui, a pour rôle de freiner l'élan du premier, en disant : « Stop, attendez, là il faut se poser deux minutes, il faut réfléchir à la question, c'est le Collègue 2 qu'il nous faut ». Ce troisième collègue, on dit qu'il est inhibiteur et nous avons tout intérêt à lui faire passer de la formation continue ! Il faut qu'il s'entraîne, qu'il développe ses compétences parce que c'est grâce à lui que l'on va pouvoir stopper toutes nos actions impulsives, faites sans réfléchir et que l'on pourrait regretter par la suite.


La flexibilité cognitive : notre superpouvoir

Finalement, cette flexibilité cognitive, c'est-à-dire notre capacité à basculer entre les chemins neuronaux différents – entendez : à faire appel au collègue le plus adapté –, constitue sans doute le cœur de notre capacité d'adaptation et d'innovation.


Pourquoi c'est important ?

Comprendre ces mécanismes nous aide à mieux saisir nos biais cognitifs, nos décisions impulsives, et développer notre capacité de régulation émotionnelle. C'est d'ailleurs la base de nombreuses thérapies comportementales comme les TCC (Thérapies Cognitivo-Comportementales) et des stratégies de prise de décision efficaces.


Attention cependant : il s'agit ici d'une vulgarisation ! La réalité neurologique est évidemment bien plus complexe que cette métaphore des trois collègues dans le cerveau. Mais cette approche nous donne déjà une grille de lecture précieuse pour comprendre nos comportements quotidiens.


Vous voulez creuser le sujet ? Quelle situation du quotidien aimeriez-vous analyser sous ce prisme ? N'hésitez pas à partager vos expériences en commentaire !

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